AFRIQUE/COTE D’IVOIRE – Vers “le début de l’ère ACEAO”, unique structure de coordination des Conférences épiscopales en Afrique occidentale – Le discours du Card. Ivan Dias, Préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des peuples

Abidjan (Agence Fides) – Le Cardinal Ivan Dias, Préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des peuples, accompagné de Son Exc. Mgr Robert Sarah, Secrétaire du même dicastère, s’est rendu à Abidjan, en Côte d’Ivoire, où il a prononcé un discours pour les évêques, réunis pour la XVIIe Assemblée de la CERAO (Conférence épiscopale régionale de l’Afrique occidentale francophone), qui s’est tenue à Abidjan du 2 au 8 février.

Le Cardinal a tout d’abord exprimé sa joie et celle de Mgr Sarah de se trouver parmi les évêques de l’Afrique occidentale, et surtout de leur transmettre « les saluts et l’affection paternelle de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, ainsi que sa bénédiction apostolique et l’assurance de sa prière pour le succès de vos travaux ».

Le Cardinal a ensuite retracé brièvement l’histoire de la fusion des deux Conférences épiscopales régionales de l’Afrique occidentale, celle francophone (CERAO) et celle anglophone (AECAWA), évoquant « la nouvelle Pentecôte » vécue à Abuja le 7 septembre 2007, qui continue dans la XVIIe Assemblée de la CERAO « qui, avec l’AECAWA, va se fondre désormais en une unique structure régionale appelée ACEAO. Je voudrais tout de suite vous dire combien je suis reconnaissant à Dieu de me permettre de présider l’ouverture de cette ultime Assemblée de votre Conférence régionale francophone, née il y a 45 ans, soit presque un demi-siècle ».

Le Cardinal a poursuivi ensuite : « Les archives de la Propaganda Fides portent en effet les traces indélébiles de la naissance, ici précisément, de la CERAO, à Anyama, entre les 11 et 14 juin 1963, et du déroulement de sa première assemblée, que les pères fondateurs appelaient à l’époque Conférence plénière ». Le Concile a considéré que les Conférences épiscopales devaient être « comme des instances de médiation humaine, culturelle, sociopolitique et juridique de l’universalité de l’Eglise vers la particularité des diocèses confiés personnellement au soin pastoral des évêques ».

Le Cardinal Dias a ensuite souligné le dynamisme manifesté pendant 45 ans par la Conférence régionale de l’Afrique occidentale francophone, et a évoqué de nouveau le rôle des « anciens », dont beaucoup sont décédés : « Les cardinaux Bernardin Gantin, Paul Zoungrana, Bernard Yago, Hyacinthe Thiandoum, et Monseigneur Luc Sangaré, pour citer seulement les plus éminents déjà rappelés à la Maison du Père », qu’il a remerciés et loués.

En tout cas, a noté le Cardinal Préfet du dicastère missionnaire, la génération d’évêques qui les a immédiatement suivis « manifeste le même dynamisme, la même intelligence pastorale, la même sollicitude de fécondité missionnaire », ainsi la Conférence « s’est-elle bien structurée ». La troisième génération, celle des deux dernières décennies, a souligné le Cardinal dans son discours, est plus nombreuse, et se trouve face à deux héritages qu’elle doit faire siens : « L’identification des lignes pastorales de fond des diocèses, qui souvent ont quarante ans d’existence, avec leurs dynamiques d’inculturation à discerner et à poursuivre, d’une part, et d’autre part, l’héritage de la CERAO, qui devient une école nécessaire d’apprentissage de la pastorale des grands ensembles… ». Le Cardinal Dias a manifesté son intention de s’arrêter spécialement sur l’inculturation liturgique « que nous portons à maturation en Asie et en Afrique avec un succès certain… ».

Pour développer la pastorale diocésaine, « il faut l’insérer dans la pastorale de toute la Conférence épiscopale nationale », qui doit tenir compte des grandes fragmentations des nations du continent. « Il faudra affronter les difficultés inhérentes à la réception et à l’acceptation du double héritage signalé », mais aussi « le défi du passage à l’ACEO ». D’où la nécessité d’être bien informé sur les héritages à faire siens et sur les défis à affronter.

Le Cardinal Dias a insisté sur le fait qu’une nouvelle Pentecôte ait été possible pour la Région ecclésiale de l’Afrique occidentale, « grâce au caractère très concret et structuré du principe christologique vécu par les évêques fondateurs : la solidarité pastorale organique autour des trois fonctions messianiques ». Il est indispensable que ce double principe christologique et pneumatologique « soit en action dans la nouvelle ère que vous affrontez : l’ère ACEAO ». Ce doit être « un chemin de Foi et d’Amour, tout imprégné de la présence du Christ et guidé par l’Esprit », a vivement souhaité le Cardinal. En outre, en cette année dédiée à saint Paul, les évêques doivent vivre et doivent faire vivre leurs communautés dans une intimité profonde avec le Christ, selon l’expression de l’Apôtre : « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi ».

Les défis ne manquent pas en Afrique et inquiètent le cœur des pasteurs: “La croissance, les qualités humaines, sacerdotales, spirituelles, morales et la sainteté de vos prêtres et de tout le peuple de Dieu (…). Je désire attirer votre attention sur les défis qui pourraient vous arriver de l’extérieur, à cause de la mondialisation ». Voilà pourquoi « la gravité des défis invite les Pasteurs comme vous à la clairvoyance, au discernement et à la réflexion ».

Face au « phénomène général de l’effondrement du monde financier et du travail », a observé le Cardinal Dias, « il faut que nous nous demandions ce que le Seigneur veut nous apprendre par ces évènements ». « Peut-être veut-il (…) nous inviter à examiner sérieusement la solidité du fondement spirituel de nos chrétiens ».

Pour finir, face aux multiples problèmes que pose le monde, le Cardinal a déclaré : « Comme constructeurs de la demeure spirituelle de nos peuples, il faudra donc que nous discernions bien ce que l’Esprit dit à son Eglise aujourd’hui, et que nous apprenions à lire les signes écrits sous les écrans des Bourses mondiales ».

Face aux graves problèmes qui menacent l’humanité, le Cardinal Dias a déclaré avoir jugé opportun de communiquer aux évêques ses pensées, afin qu’ils soient toujours conscients et vigilants. Enfin, à tous les participants, le Cardinal Dias a souhaité une fructueuse session de travail, les assurant de son accompagnement par la prière. (J.M.) (Agence Fides 9/2/2009)

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