Rencontre des dirigeants d’organisations basées sur la Foi et le Développement – Accra, Ghana – 1-2 juillet 2009

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A l’invitation de la Banque Mondiale, j’ai participé les 1er et 2 juillet 2009 à Accra au Ghana, à une rencontre de haut niveau des chefs religieux sur la prestation de service, la pauvreté et le développement. La rencontre, conjointement organisée par le Development Dialogue on Values and Ethics de la Banque Mondiale et le World Faiths Development Dialogue, a été financée par la Banque Mondiale et le Département pour le Développement International du Royaume-Uni (DFID). La rencontre était un suivi des quatre précédentes rencontres tenues au palais de Lambeth à Londres en Angleterre en 1998, 1999, et 2002, et récemment à Dublin en Irlande en 2005. Les précédentes rencontres ont rassemblé plusieurs leaders de différentes confessions religieuses, et ont suscité la volonté d’avoir une meilleure coordination entre les Communautés à vocation religieuse pour le développement des communautés de base, les échanges de pratiques, et déterminer le plaidoyer pour une politique de développement efficace et une augmentation des investissements dans le développement. Une conclusion principale de la réunion de 2005 à Dublin était que la prochaine étape du dialogue devrait « aller résolument de l’avant vers une définition pratique et meilleure pour la collaboration entre la Foi et le Développement. »

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La réunion d’Accra a été co-présidée par Graeme Wheeler, Directeur Général de la Banque Mondiale et Lord Carey de Clifton, ancien Archevêque de Canterbury. Il y avait environ 80 participants parmi lesquels des leaders religieux, des directeurs d’organisations à vocation religieuse fournissant des aides aux pauvres, des fonctionnaires de l’Etat, des représentants des donateurs et des organisations multilatérales de développement, des fondations, et des représentants d’importantes organisations interconfessionnelles. L’un des points discutés lors de la rencontre était l’Afrique, notamment les Etats à risques où les besoins de développement sont les plus cruciaux et où les réseaux et les organisations à vocation religieuse sont plus actifs dans la prestation de service. Les représentants des communautés chrétiennes, musulmanes et juives ont activement participé aux discussions dans une atmosphère cordiale et ouverte favorisant la confiance mutuelle et la compréhension. Parmi les participants étaient SE Théodore Cardinal McCarrick, Archevêque Emérite de Washington et membre du Conseil de Catholic Relief Services, SE Mgr Diarmuid Martin, Archevêque de Dublin, ancien secrétaire du Conseil Pontifical Justice et Paix, le Père Pol Feyen, un prêtre de la congrégation Don Bosco, très actif dans l’assistance aux nombreux enfants de rue à Kinshasa, en République Démocratique du Congo, et beaucoup d’autres personnalités venant de diverses organisations religieuses.

La réunion d’Accra a eu trois objectifs principaux : examiner l’étendue et la riche expérience des réseaux et des organisations à vocation religieuse sur le terrain en mettant en application des programmes et des politiques de développement ; discuter le rôle des chefs religieux en tant que défenseurs des questions stratégiques de développement aux niveaux régionaux et globaux, avec un accent sur la façon d’améliorer les programmes et les politiques de développement ; et identifier des manières claires pour améliorer le travail analytique, le développement des capacités, et la politique de dialogue comportant la Foi et le Développement, particulièrement pour l’assistance dans l’éducation, la santé et la protection sociale.

Les participants ont pu acquérir beaucoup d’informations des travaux et des études de cas établies avant la rencontre. Ils ont pu, par conséquent, avoir des discussions bien informées sur les rôles joués par les réseaux et les organisations à vocation religieuse dans des programmes et des politiques de développement. Il était très encourageant de noter que les participants, bien que venant d’horizons très différents, étaient capables de parvenir à une compréhension commune des divers rôles, des pratiques et des politiques, particulièrement concernant les rapports avec les partenaires tels que les gouvernements et les donateurs, et les étapes possibles pour augmenter et mieux documenter l’impact de leur travail.

De ces discussions, il est clair que les organisations à vocation religieuse sont généralement identifiées pour la qualité du service qu’elles fournissent. Ceci est dû à l’engagement de ceux qui travaillent pour ces organisations de même qu’à l’approche professionnelle qu’elles adoptent pour assurer l’efficacité de leur travail. Les travailleurs sociaux de ces organisations obéissent à un ensemble de valeurs et d’éthique qui augmente la dignité humaine.

Lors des sessions plénières, aussi bien que des conversations informelles avec d’autres participants, j’ai pu expliquer le travail de Caritas en Afrique et partager les idées sur plusieurs des questions avec lesquelles nous sommes tous confrontés. Etant donné la diversité des participants à la rencontre, c’était l’occasion de saisir les nombreuses opportunités pour le travail en réseau et j’ai pu établir un certain nombre de contacts qui pourraient être très utiles à l’avenir.

À la fin de la réunion, tous ont convenu qu’il est impératif d’avancer avec quelques initiatives pratiques et concrètes, en particulier, trouver des moyens pour travailler ensemble de sorte que l’on puisse développer des synergies qui amélioreraient le travail effectué pour les groupes les plus vulnérables de la société en s’assurant que des valeurs et des principes essentiels communs soient adoptés par tous les réseaux et organisations à vocation religieuse (FINO).

Katherine Marshall, Directeur de World Faiths Development Dialogue, et Quentin Wodon, Conseiller, Development Dialogue on Values and Ethics de la Banque Mondiale, ont donné l’assurance qu’ils veilleront à ce qu’il y ait un suivi concret des discussions et des délibérations qui ont eu lieu au cours de la rencontre de deux jours. Tous se sont sentis concernés pour améliorer leur prestation de service, pour accroître leurs campagnes de plaidoyer, pour chercher des partenariats et pour collaborer avec les gouvernements, les entreprises, la société civile et les ONG, y compris les FINO. Graeme Wheeler a été très positif en insistant sur la possibilité pour que la Banque Mondiale puisse aider les FINO. Le rôle joué par de telles organisations doit être mieux connu et elles peuvent influencer les décideurs de sorte que la situation difficile des groupes les plus vulnérables de la société soit effectivement et sensiblement réduite.

SE Théodore Cardinal McCarrick a donné une recette simple mais efficace qui peut considérablement aider les uns et les autres à travailler ensemble. Il a expliqué les cinq étapes à observer : les personnes doivent d’abord se parler, puis se dire des choses les uns aux autres de sorte que nous puissions tous nous comprendre, puis nous apprécier les uns les autres avant que nous puissions travailler ensemble. La rencontre d’Accra a fait un grand pas pour motiver les participants à mettre en pratique cette recette de cinq étapes, plus particulièrement après que Lord Carey ait rappelé en citant Edmond Burke, que « Personne n’a fait une plus grande erreur que celui qui n’a rien fait parce qu’il n’était capable que de peu de choses »

Jacques Dinan
Secrétaire Exécutif
Caritas Africa

5 juillet 2009

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