Archive for November, 2015

Land grabbing and just governance

November 23, 2015

23 November 2015

Press release: Land grabbing and just governance discussed in a unique pan-African conference starting today ahead of Pope’s visit to Africa.

The conference will highlight the state of land grabbing in Africa, cases of resistance across the continent, as well as Church responses and its increasing engagement on issues of land grabbing.

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Land of Gassol community that have been allocated to Dominion Farms in Nigeria. Photo by CEED

Land grabbing is a serious problem across Africa, requiring urgent attention since it threatens livelihoods and food security. It has already dislocated hundreds of thousands of people from their lands, deprived them of natural sources, and threatened their livelihoods.

Land grabbing and just governance, issues that constitute a significant threat to food sovereignty, will be discussed at the conference “Land Grab and Just governance in Africa”, opening today in Nairobi, Kenya, and organized by SECAM (Symposium of Episcopal Conferences of Africa and Madagascar) with the collaboration of AEFJN (Africa Europe Faith and Justice Network), AFJN (Africa Faith & Justice Network) and CIDSE (network of Catholic development agencies). The event will gather about 150 participants from the African continent and beyond, including many people directly involved in land grabbing struggles.

Land grabbing is most often described as the acquisition of large areas of land in developing countries by international firms, governments, or individuals. In recent years land grabs have increased following the worldwide spike in food prices in 2008, prompting investors to look toward the Global South, particularly Africa, for potential land investment to produce food and biofuel for export and international markets. Large tracts of land are also being acquired for speculative purposes, known as “land banking”, where the buyer holds the land and sells it later.

Among the cases that will be presented during the conference is the one involving the Italian project Senhuile SA, which has leased 20.000 hectares of land in the Ndiaël Reserve in Senegal, land used for decades by residents of some 40 villages in the area. This resulted in an ongoing conflict with the villagers, who want the project stopped. The case of farmers in Nigeria’s Taraba State and in Kenya, who are being forced off lands that they have farmed for generations to make way for US company Dominion Farms to establish a rice plantation, will also be a subject of discussion. Cases involving Bollore land deal in Cote d’Ivoire, Cameroon, Liberia as well as in Sierra Leone and cases from Mozambique, the Democratic Republic of the Congo and Mali will also be showcased.

This conference takes place ahead of Pope Francis’ visit to Kenya, Uganda and Central African Republic. The Pope has previously voiced great concern about the issue of land grabbing. In a speech delivered at the UN Food and Agriculture Organisation in Rome in June 2015, Pope Francis warned against the “monopolising of lands of cultivation by trans-national enterprises and states, which not only deprives farmers of an essential good, but which directly affects the sovereignty of countries”. The Holy Father also pointed out that: “There are already many regions in which the foods produced go to foreign countries and the local population is doubly impoverished, because it does not have food or land”.

Further guidance and indications in relation to the dangers of land grabbing were expressed in the Pope’s Encyclical letter Laudato Si’, in which he denounces an exploitative approach towards land while recalling: “For them (indigenous communities), land is not a commodity, but rather a gift from God and from their ancestors who rest there, a sacred space with which they need to interact if they are to maintain their identity and values. When they remain on their land, they themselves care for it best. Nevertheless, in various parts of the world, pressure is being put on them to abandon their homelands to make room for [industrial] agricultural or mining projects which are undertaken without regard for the degradation of nature and culture.” (146). In support of Laudato Si and ahead of the climate conference COP 21 in Paris, the bishops’ conferences across the world signed on the 22nd of October an appeal which called for COP 21 “to ensure people’s access to water and to land for climate resilient and sustainable food systems, which give priority to people driven solutions rather than profits.”

The conference aims at developing strategies to support and strengthen local communities in their struggles to stop this menace and to build resilience.

Accaparement de terres et bonne gouvernance

November 23, 2015

 

23 novembre 2015

Communiqué de presse: L’accaparement de terres et la bonne gouvernance sont débattus dans le cadre d’une conférence panafricaine exceptionnelle commençant aujourd’hui, à quelque jours de la visite du Pape en Afrique

La conférence offrira notamment un état des lieux de l’accaparement de terres en Afrique, des études de cas de résistances contre l’accaparement de terre ainsi que les réponses apportées par l’Église et son engagement croissant sur cette problématique.

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Terres de la communauté Gassol allouées à Dominion Farms au Nigeria. Photo by CEED

L’accaparement de terres est un problème frappant l’ensemble de l’Afrique et qui requiert une sérieuse  attention au vu de son impact négatif sur la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des communautés affectées. L’accaparement de terres est déjà responsable de l’éviction de leurs terres de centaines de milliers de personnes, les coupants des ressources naturelles dont ils dépendaient et menaçant leur moyens de subsistance.

L’accaparement de terres et la gouvernance sont des problématiques qui constituent de réelles menaces pour la souveraineté alimentaire. Celle-ci seront au centre des discussions tout au long de la conférence « accaparement de terres et la promotion de la bonne gouvernance en Afrique » qui s’ouvre aujourd’hui à Nairobi, Kenya. Celle-ci est organisée par SCEAM (Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et Madagascar) avec la collaboration d’AEFJN (Africa Europe Faith and Justice Network), AFJN (Africa Faith & Justice Network)  ainsi que de la CIDSE (alliance internationale d’agences de développement catholiques). Cet événement rassemblera environs 150 participants d’Afrique et du monde entier, y compris de nombreuses personnes impliquées dans la lute contre l’accaparement de terres.

L’accaparement de terres est souvent décrit comme l’acquisition par des multinationales, des gouvernements ou des individus de grandes surfaces de terre dans des pays en voie de développement. Suite à la crise alimentaire de 2008, ce type de transactions a fortement augmenté, cette dernière ayant incité les investisseurs à s’intéresser aux potentielles transactions foncières qu’ils pouvaient réaliser dans les pays du sud – et particulièrement en Afrique – en vue d’y produire des aliments et des agrocarburants destinés à l’export et au marché international. De grandes superficies de terres ont aussi été achetées à des fins spéculatives.

Parmi les études de cas qui seront présentées durant la conférence on compte celle de Senhuile SA – un projet Italien – qui a loué 20.000 hectares de terres de la réserve de Ndiaël au Sénégal. Ces terres étaient utilises depuis des décennies par une quarantaine de villages de la région. Depuis les villageois sont en conflit continu avec l’entreprise et désirent voir ce projet annulé. Le cas d’agriculteurs Nigérians et Kenyans qui se sont vus forcés de quitter les terres qu’ils occupaient depuis de nombreuses générations afin que la compagnie américaine Dominion Farms y développe des rizières sera aussi discuté. D’autres cas impliquant les investissements fonciers de Bolloré en Cote d’Ivoire, au Cameroun au Liberia ainsi qu’au Sierra Leone de même que des cas issus du Mozambique, de la République démocratique du Congo seront aussi abordés.

Cette conférence se tient quelques jour savant la visite du Pape Francois au Kenya, en Ouganda et en République Centrafricaine. Le Pape a déjà partagé sa grande préoccupation au sujet de l’accaparement des terres. Dans un discours prononcé à Rome en Juin 2015 devant l’organisation des Nations-Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), le Pape François a affirmé que « l’accaparement des terres cultivables par des entreprises transnationales et par des États est une cause croissante de préoccupation. Non seulement les agriculteurs sont privés d’un bien essentiel, mais en outre la souveraineté des pays est directement atteint ». Le Saint-Père a également souligné le fait qu’il existe déjà de « nombreuses les régions où les denrées alimentaires qui sont produites vont à des pays étrangers et où la population locale s’appauvrit doublement car elle n’a ni nourriture ni terres ».

Les dangers de l’accaparement de terre ont également été exposés dans l’encyclique du Pape « Laudato Si ». Dans celle-ci le Pape y dénonce une approche du foncier basée sur l’exploitation tout en rappelant que « pour les populations indigènes, la terre n’est pas un bien économique mais un don de Dieu et de ses ancêtres qui y reposent, un espace sacré avec lequel elles doivent interagir pour soutenir leur identité et leurs valeurs. Quand elles restent sur leurs territoires, ce sont précisément elles qui les préservent le mieux. Néanmoins, dans le monde entier, ce sont des cibles de pression pour qu’elles abandonnent leurs terres afin de les libérer pour des projets d’extraction et agricoles [industriels] qui ne se préoccupent nullement de la dégradation de la nature et de la culture » (146).

En soutien à l’encyclique et à l’approche de la COP21 à Paris, les différentes conférences des Evêques du monde entier on signé le 22 octobre un appel insistant pour que la COP21 assure « l’accès des populations à l’eau et à la terre pour avoir des systèmes alimentaires résilients et durables, qui donnent la priorité aux solutions trouvées par les personnes plutôt qu’au profit ».

Cette conférence a pour objectif de développer des stratégies pour soutenir et renforcer les communautés locales dans leur lutte pour stopper cette menace et pour construire de la resilience.